Société

Retraite Algérie 2025 : l’ONR réclame la revalorisation

Retraite Algérie 2025, la revalorisation des pensions de retraite est en attente en Algérie, et les retraités s’impatientent. L’ONR, leur organisation nationale, tire la sonnette d’alarme. Dans une lettre adressée au président Tebboune, elle dénonce un silence inquiétant du gouvernement. Une situation sociale explosive dans un contexte d’inflation.

Chaque mois de mai, les retraités algériens attendent la traditionnelle revalorisation de leur pension. Une mesure présentée comme un droit, destinée à compenser la hausse du coût de la vie. Mais en 2025, le silence est total. Pas de décret, pas de date. Pour plus de 3,6 millions d’Algériens, l’attente se transforme en colère. L’ONR (Organisation nationale des retraités) dénonce un « mutisme préoccupant » et demande des comptes au plus haut sommet de l’État. Analyse d’une situation devenue explosive.

Retraite en Algérie : attention, la CNR exige une vérification pour certains retraités

Un silence qui pèse lourd sur 3,6 millions de retraités

Alors que l’inflation continue de ronger les revenus des ménages algériens, le silence autour de la revalorisation des pensions de retraite en 2025 suscite de plus en plus d’inquiétudes. Cette revalorisation, pourtant annoncée chaque année comme un droit acquis, n’a toujours pas été appliquée à la fin juin. Pour les retraités, ce retard devient un symbole d’abandon.

Habituellement, la revalorisation des pensions est versée au printemps, au mois de mai. En 2024, elle s’élevait entre 10 et 15 %, un ajustement budgété à hauteur de 171 milliards de dinars, destiné à compenser partiellement l’érosion du pouvoir d’achat. En 2025, à la date du 12 juin, aucune communication officielle, aucun calendrier, aucune ligne budgétaire publique n’est venue confirmer ou expliquer ce retard.

Face à ce flou, l’Organisation nationale des retraités (ONR), affiliée à la Caisse nationale des retraites (CNR), sort de son silence. Dans un communiqué diffusé le 10 juin, elle dénonce un “mutisme préoccupant” et interpelle directement le ministère du Travail, ainsi que le président de la République.

Une lettre ouverte adressée à Tebboune

Dans un geste rare mais symboliquement fort, l’ONR a rédigé une lettre ouverte à Abdelmadjid Tebboune, l’appelant à “intervenir personnellement pour débloquer la situation”. L’organisation rappelle que la revalorisation annuelle n’est pas un bonus, mais une mesure déjà actée au plus haut sommet de l’État.

“Les retraités algériens ont droit à une information claire, à un traitement digne, et au respect des engagements pris publiquement par l’État”, peut-on lire dans la lettre.

Ce courrier fait suite à une montée en pression sur le terrain : de nombreuses antennes locales de l’ONR ont été saisies par des milliers de retraités, tous dans l’expectative, confrontés à une réalité économique de plus en plus difficile.

Retraite Algérie 2025, retard de la revalorisation inquiétant

Le dernier Conseil d’administration de la CNR, réuni le 26 février 2025, avait pourtant acté le principe de la revalorisation. Il ne restait plus qu’à fixer le taux d’augmentation, mission confiée au gouvernement. Depuis, plus rien. Pas un mot, pas une annonce.

Pour de nombreux retraités, ce retard n’est pas anodin. Dans un contexte de hausse des prix généralisée (alimentation, énergie, médicaments), la pension de retraite reste le seul revenu fixe, souvent partagé entre plusieurs membres du foyer. Ne pas l’ajuster, c’est aggraver la précarité d’un groupe déjà fragilisé.

Trois revendications claires de l’ONR

Dans son communiqué du 10 juin, l’Organisation nationale des retraités ne se contente pas de dénoncer. Elle formule trois demandes concrètes au gouvernement :

  1. La communication immédiate d’un calendrier clair pour la revalorisation 2025 ;
  2. L’ouverture d’un dialogue officiel entre représentants des retraités et les ministères concernés ;
  3. L’intégration permanente de représentants des retraités au sein du Conseil d’administration de la CNR, pour assurer plus de transparence.

Ces demandes visent à institutionnaliser la parole des retraités, souvent absents des décisions qui les concernent directement.

Le ton ferme de l’ONR traduit une perte de confiance. Plusieurs retraités redoutent une remise en cause progressive des mécanismes de revalorisation. D’autres y voient un signe d’une stratégie budgétaire d’attente, où les plus vulnérables servent de variable d’ajustement.

“Nous ne demandons pas un geste, mais le respect d’un engagement public. La retraite est un droit, pas une faveur”, martèle un responsable de l’ONR joint par téléphone.

L’enjeu politique : reconnaissance ou oubli ?

Au-delà de l’aspect financier, cette situation soulève une question de reconnaissance sociale. Les retraités, rappelle l’ONR, sont ceux qui ont “construit l’Algérie, payé leurs cotisations, et souvent sacrifié leur santé.” Leur invisibilisation actuelle est vécue comme une humiliation, voire comme un reniement politique.

L’organisation insiste, le silence actuel abîme le lien entre l’État et ses aînés. Ce n’est pas seulement un retard de paiement, c’est un signal de désengagement.

Le gouvernement est désormais attendu au tournant. Il ne s’agit pas seulement de publier un décret, mais de restaurer la confiance d’une génération qui demande à être écoutée, et non oubliée. Dans un pays où plus de 3,6 millions de citoyens vivent de leur pension, chaque semaine de silence supplémentaire risque d’alimenter colère et méfiance.

L’ONR, en s’adressant directement au président, espère rompre le silence institutionnel. Reste à savoir si l’appel sera entendu et surtout, s’il sera suivi d’effets concrets.

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