Vente des moutons de l’Aïd importés : lancement officiel le 1er mai dans toute l’Algérie
Le compte à rebours est lancé. Dès le 1er mai 2025, les moutons importés pour l’Aïd el-Adha seront mis en vente dans tout le pays. Cette opération d’envergure vise à répondre à la forte demande en ovins durant cette fête religieuse, tout en régulant les prix. Supervision, répartition, coordination, l’État s’organise pour éviter les dérives du passé.
Vente des moutons de l’Aïd importés
C’est désormais officiel, la vente des moutons de l’Aïd importés commencera le 1er mai dans l’ensemble des wilayas du pays. L’annonce a été faite par le ministre de l’Agriculture, Youcef Cherfa, lors d’une séance parlementaire à l’APN. Cette initiative intervient alors que le marché du mouton connaît depuis plusieurs années une flambée des prix à l’approche de l’Aïd. En organisant une vente centralisée et supervisée, l’objectif affiché du gouvernement est clair : casser les prix artificiellement gonflés par les spéculateurs et rendre le sacrifice accessible à toutes les bourses.
Les points de vente seront répartis dans chaque wilaya, en fonction de la densité de la population locale. Les opérations se tiendront dans des marchés de proximité contrôlés par les services des ministères de l’Agriculture et du Commerce. Ce maillage territorial permettra d’assurer une distribution équitable du cheptel importé, tout en limitant les déplacements inter-wilayas et donc les risques de surenchère régionale.
Un soutien à la production locale, non un remplacement
Le ministre Cherfa a tenu à rassurer les éleveurs algériens , l’importation de moutons ne signifie en aucun cas la mise à l’écart de la production nationale. Bien au contraire, elle est pensée comme une mesure de soutien temporaire face à une demande ponctuelle et massive. L’Aïd el-Adha étant une fête à forte consommation ovine, l’équilibre entre import et production locale est indispensable pour éviter les tensions sur les prix et les ruptures d’approvisionnement.
Cette année, l’État prévoit l’importation d’un million de têtes, dont les premières cargaisons , en provenance notamment de Roumanie ont déjà commencé à être réceptionnées dans neuf ports du pays. La répartition se fait de manière progressive, xavec un suivi logistique rigoureux afin d’assurer la traçabilité sanitaire et le respect des normes.
Une stratégie nationale contre la spéculation
Avec cette mesure, le gouvernement espère également contrer les pratiques spéculatives souvent observées à l’approche de l’Aïd el-adha. En 2024, les prix des moutons avaient dépassé les 140 000 DA dans certains marchés, atteignant des niveaux inaccessibles pour une grande partie de la population. Cette année, avec des prix plafonnés autour de 40 000 DA pour les animaux importés, la tendance devrait être radicalement différente.
Les marchés de proximité, contrôlés par les autorités, seront également un levier important pour limiter l’action des revendeurs informels. La centralisation des points de vente et la transparence des tarifs devraient éviter les surcoûts abusifs et garantir un cadre plus sain pour les consommateurs.
Perspectives agricoles : moderniser et réguler durablement
Au-delà de l’Aïd el-Adha, cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation du secteur agricole en Algérie. Le ministre de l’Agriculture a notamment évoqué le projet de réforme du foncier agricole. Un nouveau décret exécutif est en cours de préparation pour permettre la sortie de l’indivision, facilitant ainsi l’exploitation des terres par les agriculteurs.
Par ailleurs, l’Algérie souhaite accélérer la transition vers l’agriculture biologique. Le ministère prévoit la mise en place d’un cadre réglementaire spécifique pour soutenir cette filière en croissance, accompagnement des producteurs, certifications, aides financières et techniques, mais aussi meilleure organisation des circuits de distribution à l’export.
La vente des moutons de l’Aïd importés représente un enjeu économique, social et symbolique. Elle met à l’épreuve la capacité de l’administration à répondre rapidement et efficacement à une demande nationale forte, tout en soutenant les acteurs locaux. Si l’opération est un succès, elle pourrait devenir un modèle de gestion des pics de consommation et un levier contre la flambée des prix. Dans un contexte marqué par une pression inflationniste persistante, le maintien de l’équilibre entre importation contrôlée et soutien aux éleveurs nationaux pourrait redessiner durablement les contours du marché de la viande en Algérie.




