Immigration

7 mineurs algériens en Espagne : l’Algérie exige leur retour

L’affaire des sept adolescents algériens ayant traversé clandestinement la Méditerranée pour rejoindre l’Espagne relance le débat sur la migration juvénile et la coopération bilatérale entre Alger et Madrid.

L’Algérie exige leur rapatriement immédiat, invoquant le droit à la tutelle parentale et la réactivation d’un protocole de réadmission longtemps gelé.

Une traversée à haut risque devenue affaire d’État

Sept adolescents, âgés de 14 à 17 ans, ont quitté la côte oranaise début septembre à bord d’une embarcation de fortune. Leur arrivée sur les côtes espagnoles, relayée sur TikTok, a bouleversé l’opinion publique. Rapidement, les autorités espagnoles les ont pris en charge dans un centre pour mineurs à Majorque, tandis que leurs familles, restées à Oran, ont réclamé leur rapatriement.

L’Algérie et l’Espagne réactivent leur accord de réadmission

Sous la pression de cette affaire, Alger et Madrid ont convenu de réactiver le protocole de réadmission bilatéral signé il y a plusieurs années mais resté inactif. Le ministre algérien de l’Intérieur, Saïd Sayoud, a confirmé que les documents nécessaires avaient été transmis aux autorités espagnoles. Son homologue espagnol, Fernando Grande-Marlaska, en visite à Alger, a salué « une coopération exemplaire » contre la migration illégale.

Les familles réclament la tutelle parentale et le retour immédiat

Les parents des jeunes migrants, qui vivent à Oran et Mostaganem, demandent à exercer pleinement leur tutelle. Ils dénoncent le traitement administratif du dossier en Espagne et rappellent que leurs enfants « n’ont commis aucun crime, sinon celui de rêver d’un avenir meilleur ». Du côté espagnol, les autorités affirment vouloir agir « dans le respect du droit européen », qui protège avant tout les mineurs isolés.

Derrière cette affaire se cache une réalité plus large? la fuite croissante de jeunes Algériens vers l’Europe. En 2024, plus de 3 500 mineurs algériens auraient tenté la traversée selon Frontex. Beaucoup le font sans accompagnement, dans des embarcations précaires. La pauvreté, le chômage et le désespoir social alimentent ces départs, malgré les risques et les campagnes de sensibilisation menées dans les écoles.

Un enjeu diplomatique et moral pour Alger

Pour le gouvernement algérien, ce dossier dépasse la simple question migratoire. Il s’agit d’un test diplomatique, montrer que l’État protège ses citoyens, même à l’étranger, tout en réaffirmant sa souveraineté sur la gestion de ses mineurs. L’affaire pourrait rouvrir le dialogue migratoire entre Alger et Madrid, suspendu depuis 2022 après des tensions politiques liées au Sahara occidental.

Ces sept adolescents, devenus malgré eux un symbole, cristallisent à la fois l’angoisse des familles, l’impuissance des États et la fragilité d’une génération. Leur retour, s’il aboutit, pourrait marquer une nouvelle étape dans la coopération entre l’Algérie et l’Espagne, mais aussi rappeler qu’aucune frontière ne peut contenir l’appel de l’avenir.

Fatiha Lar

Fondatrice de JoliMatin, média de référence de la diaspora algérienne. Passionnée d'actualité, d'immigration et de culture algérienne, elle couvre depuis plusieurs années les sujets qui touchent les Algériens du monde entier.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *