Société

Grèce : une fillette algérienne retrouvée morte sur une plage, sa mère mise en examen pour meurtre

En Grèce, l’affaire tragique d’une fillette algérienne retrouvée morte sur une plage d’Edem, à Palaio Faliro, bouleverse l’opinion publique. Sa mère, en situation irrégulière, a été interpellée et mise en examen pour homicide volontaire sur mineur. Le dossier, encore en cours d’instruction, révèle des éléments troublants sur les jours qui ont précédé le drame.

Une fillette algérienne retrouvée morte sur une plage d’Athènes

Le corps sans vie d’une fillette de 3 ans, de nationalité algérienne, a été retrouvé tôt le matin du dimanche 27 juillet 2025, sur la plage d’Edem, dans la banlieue sud d’Athènes. Rapidement, les enquêteurs ont identifié la mère de l’enfant grâce aux images de vidéosurveillance la montrant avec ses trois enfants la veille au soir. Mais au moment de son arrestation, elle n’était plus accompagnée que des deux aînés, âgés de 4 et 5 ans.

Cette mère algérienne, Warda Atrouche, âgée de 32 ans, a d’abord affirmé que l’enfant avait été victime d’une chute dans la salle de bain. Elle a évoqué des vomissements, une perte d’équilibre, puis un second traumatisme. Mais l’autopsie a conclu à une mort par noyade, avec présence de sable dans les poumons. Le corps de l’enfant portait également des ecchymoses visibles au visage, aux lèvres et au front, ainsi que d’autres traces suspectes sur tout le corps.

Ces éléments ont conduit les autorités grecques à accuser la mère de meurtre avec préméditation, dans un contexte aggravé de violences familiales. Le parquet d’Athènes a ordonné son placement en détention provisoire, dans l’attente de l’instruction.

Sa mère est mise en examen pour meurtre

Selon les services d’asile grecs, la mère avait introduit une première demande de protection internationale en janvier 2020, peu après son arrivée en Grèce. Sa demande avait été rejetée en 2021, puis de nouveau en appel en 2022. Une nouvelle tentative, enregistrée en avril 2025, a été classée sans suite pour « retrait implicite », le 22 juillet dernier. En clair, elle n’avait plus aucun droit de séjour légal en Grèce depuis plusieurs années.

L’enquête révèle également qu’elle avait déjà fait l’objet d’un signalement pour mise en danger d’un mineur en 2022, lorsqu’un de ses enfants avait été retrouvé seul, à l’extérieur de l’immeuble. Elle vivait de manière précaire dans un appartement à Patissia, un quartier d’Athènes, hébergée par un homme âgé, de nationalité grecque. Le père des enfants, également algérien, est activement recherché. Il est connu des services de police pour vols, trafic de stupéfiants et violences conjugales. Il serait aujourd’hui hors du territoire grec.

Elle aurait tenté de fuir vers l’Algérie via un programme de retour volontaire

Selon les révélations du média grec ProtoThema, à peine deux heures après la découverte du corps de la fillette, la mère aurait entrepris des démarches pour fuir la Grèce. Elle a d’abord contacté l’ambassade d’Algérie à Athènes, en affirmant n’avoir que deux enfants. Elle a omis volontairement de mentionner la fillette décédée.

L’ambassade lui aurait alors suggéré de passer par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), dans le cadre du Programme de retour volontaire, destiné aux migrants en situation irrégulière. Ce dispositif permet, sous certaines conditions, un retour dans le pays d’origine avec une aide financière (billet d’avion + 500 € en espèces).

La mère a alors pris contact avec l’OIM, en envoyant les documents de ses deux enfants survivants (passeports, actes de naissance). Un rendez-vous avait été fixé pour organiser son retour en Algérie, mais elle n’a pas eu le temps de s’y rendre, Warda Atrouche, 32 ans, n’a pas eu le temps de s’y rendre car elle avait été arrêtée le matin même, à la sortie de son immeuble, à Patissia, le vendredi , grâce à un signalement localisé via les caméras de surveillance.

Une affaire encore à élucider

L’enquête judiciaire est toujours en cours. Les deux enfants survivants ont été confiés aux services sociaux, qui travaillent avec des psychologues pour recueillir leurs témoignages. Les autorités cherchent encore à déterminer si la mère a agi seule, dans la panique, ou si elle avait prémédité cet acte. L’analyse du comportement, des horaires, et de la chronologie des déplacements de la famille continue de nourrir l’instruction.

Cette affaire tragique met en lumière les vulnérabilités liées à la situation des migrants sans papiers, les failles du système d’accueil, mais aussi les dérives individuelles possibles dans des contextes de grande précarité.

Le drame de la fillette algérienne retrouvée morte à Athènes interroge profondément : sur le plan humain, judiciaire, et institutionnel. En attendant que justice soit rendue, les deux enfants survivants sont désormais les témoins silencieux d’un drame familial qui aura bouleversé la Grèce, et au-delà, la communauté algérienne à l’étranger.

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