France-Algérie : une nouvelle compagnie maritime lance ses traversées
La compagnie italienne Grandi Navi Veloci (GNV) a lancé cette semaine une nouvelle ligne maritime France-Algérie, marquant un tournant dans les liaisons entre Alger et Sète. Une initiative qui renforce les connexions avec la diaspora et ouvre de nouvelles perspectives pour le transport maritime.
Dans la lumière chaude d’un matin de juin, le ferry « Excellent » glisse lentement vers le port d’Alger. À son bord, des familles, des enfants surexcités, des voitures pleines de valises et de cadeaux. La scène aurait pu être banale, si elle ne marquait pas une première. Ce mercredi 4 juin 2025, la compagnie italienne GNV (Grandi Navi Veloci) a inauguré sa toute première traversée entre Alger et Sète, concrétisant un projet aussi attendu qu’ambitieux. Pour de nombreux Algériens résidant en France, c’est plus qu’une ligne maritime qui s’ouvre : c’est un trait d’union renforcé avec leur pays d’origine.
Un pont France-Algérie, une traversée symbolique
Le lancement de cette nouvelle ligne s’est accompagné d’une cérémonie officielle à bord du navire, en présence de figures diplomatiques et institutionnelles. Parmi elles, Hamid Lounaouci, conseiller du président algérien chargé des ONG et des droits de l’Homme, et Alberto Cutillo, ambassadeur d’Italie à Alger.
Ce premier trajet, opéré en partenariat avec la société algérienne AFLT Maritime, a transporté 949 passagers, 653 véhicules et six motos. Une affluence qui témoigne d’un besoin réel, notamment à l’approche de l’Aïd el-Adha. « On est venus passer l’Aïd en famille, on attendait une solution comme celle-là depuis longtemps », confie Rachid, la quarantaine, qui vit à Nîmes avec sa femme et leurs deux enfants.
La ligne Alger-Sète répond directement à cette attente, tout en allégeant la pression sur les lignes maritimes habituelles, souvent saturées en période estivale.
GNV et AFLT : un partenariat tourné vers l’avenir
Le choix de Sète, principal port d’attache de la diaspora algérienne dans le sud de la France, n’est pas anodin. Moins encombré que Marseille, il offre une alternative logistique de qualité. Pour GNV, déjà implantée sur plusieurs routes en Méditerranée, c’est un marché stratégique.
« Nous voulons participer activement au développement du transport maritime entre l’Europe et l’Algérie, en apportant notre expérience et notre fiabilité », a déclaré le PDG de GNV lors de la cérémonie.
De son côté, Hamid Batata, PDG d’AFLT Maritime, a confirmé que cette liaison ne serait pas un événement isolé. Une traversée hebdomadaire est désormais prévue, avec en prime l’ouverture d’une nouvelle ligne Béjaïa-Sète dès le 9 juin. Des discussions sont également en cours pour un axe Béjaïa-Gênes, qui renforcerait encore davantage les échanges avec l’Italie.
Une bouffée d’oxygène pour les Algériens de France
Depuis plusieurs années, les liaisons maritimes entre la France et l’Algérie sont sous tension, en particulier pendant les vacances ou les fêtes religieuses. Billets rares, prix élevés, retards… nombreux sont ceux qui ont exprimé leur frustration face à une offre jugée insuffisante.
L’arrivée de GNV pourrait bousculer ce monopole et offrir une vraie concurrence, bénéfique pour les usagers. « C’est important d’avoir des options, surtout quand on doit voyager avec toute une famille », souligne Leïla, installée à Montpellier, qui prévoit déjà de tester la nouvelle ligne cet été.
Ce type d’initiative, porté par des partenariats internationaux solides, représente également une opportunité économique pour l’Algérie : développement des ports, création d’emplois, amélioration des standards de service…
Le lancement de la ligne Alger-Sète par GNV et AFLT Maritime est une avancée concrète dans le paysage des liaisons France-Algérie. Il reste à voir si la régularité des traversées et la qualité du service suivront sur la durée, mais l’enthousiasme de la communauté algérienne, en France comme sur le territoire national, est palpable.
Au-delà d’un trajet maritime, c’est une reconnexion humaine et affective qui se joue. Une façon, pour beaucoup, de retrouver plus facilement leurs racines, leurs proches, et de circuler avec plus de liberté entre les deux rives de la Méditerranée.




