Visa de travail en Italie 2025 : Conditions, démarches et témoignages
Le gouvernement italien a lancé en 2025 de nouveaux quotas d’entrée pour les travailleurs étrangers, avec des conditions précises et des procédures administratives souvent complexes. Entre espoirs, lenteurs bureaucratiques et témoignages de candidats, voici un guide complet pour comprendre le visa de travail en Italie en 2025.
C’est l’histoire d’un rêve italien qui tourne parfois au cauchemar administratif. En 2025, Rome a décidé de jouer cartes sur table, 150 000 visas de travail sur la table, du jamais vu ! Derrière ces chiffres ronflants se cachent pourtant des milliers de candidats déçus, des Click Day qui tournent au fiasco et des délais qui s’éternisent.
Ahmed de Tunis pensait décrocher son visa en trois mois. Il a attendu huit. Fatima d’Alger a eu le sien en six semaines grâce à un employeur malin. Karim de Casablanca s’est fait recaler pour une histoire de certificat médical périmé d’une semaine. Trois destins, une même leçon, l’Italie recrute, mais elle sélectionne.
Car derrière l’euphorie des nouveaux quotas se dessine une réalité plus nuancée. L’Italie a besoin de bras, c’est indéniable. Ses champs d’oliviers, ses chantiers, ses restaurants cherchent désespérément de la main-d’œuvre. Mais le parcours pour décrocher ce précieux sésame relève encore du parcours du combattant.
Entre promesses gouvernementales et réalité du terrain, voici ce qui vous attend vraiment si vous visez l’Italie en 2025.

Une opportunité historique qui cache ses épines
L’Italie face à sa pénurie de main-d’œuvre
Giuseppe Rossi dirige une exploitation d’oliviers près de Bari. Depuis trois ans, il peine à recruter. « Les jeunes Italiens ne veulent plus travailler la terre », soupire-t-il en regardant ses 50 hectares. « L’an dernier, j’ai dû laisser pourrir une partie de ma récolte faute de saisonniers. » Son cas n’est pas isolé. Du Nord au Sud, l’Italie peine à combler ses besoins en main-d’œuvre.
C’est dans ce contexte que le gouvernement Meloni a décidé de frapper fort avec le décret Fluxi 2025. 152 000 autorisations d’entrée, soit une hausse de 35% par rapport à l’année précédente. Un signal politique fort dans un pays où l’immigration fait pourtant débat.
Mario Bianchi, consultant en recrutement international à Milan, décrypte cette stratégie : « Rome a compris qu’elle ne pouvait plus se passer de la main-d’œuvre étrangère. Le BTP, l’agriculture, même l’industrie du luxe recrutent massivement. Mais attention, ce n’est pas non plus la porte ouverte. »
Répartition des quotas 2025
- Travailleurs saisonniers : 110 000 places
- Travailleurs non-saisonniers : 42 000 places
- Reconversions de permis : Places illimitées pour certains profils
Le Maghreb en ligne de mire
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Sur les 152 000 places disponibles, près de 16 000 sont réservées aux pays du Maghreb. Le Maroc tire son épingle du jeu avec 9 500 quotas, suivi de l’Algérie (3 500) et de la Tunisie (3 000). « Ces pays ont l’avantage de la proximité culturelle », explique Francesco Olivieri, directeur d’une agence de placement à Rome. « Les travailleurs maghrébins s’adaptent vite à notre mentalité méditerranéenne. »
Mais ces quotas ne sont qu’une partie de l’équation. Encore faut-il réussir à les décrocher, et c’est là que les choses se corsent.
Les secteurs qui cherchent désespérément
L’agriculture, un eldorado trompeur (35% des places)
- Récolte saisonnière (olives, tomates, agrumes)
- Élevage et transformation
- Salaires : 1 200-1 800€/mois
Dans les campagnes de Sicile, les plantations de tomates s’étendent à perte de vue. Chaque été, c’est la même course contre la montre pour trouver des saisonniers. Salvatore, propriétaire d’une exploitation près de Raguse, ne cache pas son désarroi : « Je propose 1 200 euros nets par mois, logé nourri, et j’ai du mal à trouver du personnel stable. »
L’agriculture représente plus du tiers des opportunités avec des contrats de 6 à 8 mois généralement. Mais attention aux mirages. Youssef, arrivé de Fès l’an dernier, prévient : « On m’avait promis 1 500 euros. En réalité, avec les heures sup’ non payées et le logement soi-disant gratuit mais vétuste, j’ai eu du mal à joindre les deux bouts les premiers mois. »
Le BTP, des salaires qui rattrapent (25% des places)
- Maçonnerie, électricité, plomberie
- Rénovation énergétique (secteur en boom)
- Salaires : 1 400-2 200€/mois
Plus au Nord, dans la banlieue de Turin, les grues tournent à plein régime. L’Italie investit massivement dans la rénovation énergétique de ses bâtiments, un secteur porté par les subventions européennes. Antonio Verdi, chef de chantier, recrute en permanence : « Un bon maçon peut espérer 1 800 euros nets dès son arrivée. Avec l’expérience, on monte facilement à 2 200. »
Karim, maçon originaire d’Oran, confirme : « Après six mois sur les chantiers de Rome, mon patron m’a augmenté de 300 euros. Il y a du boulot pour 10 ans minimum avec tous ces travaux d’isolation. »
Autres secteurs, entre rêve et réalité
Services à la personne (15% des places) :
- Aide à domicile, garde d’enfants
- Population vieillissante = forte demande
- Salaires : 1 000-1 500€/mois
Transport et logistique (5% des places) :
- Chauffeurs poids lourds (permis C requis)
- Manutention, livraisons
- Salaires : 1 500-2 000€/mois
Hôtellerie-restauration (20% des places) :
- Cuisiniers, serveurs, femmes de chambre
- Saison estivale sur la côte
- Salaires : 1 100-1 600€/mois + pourboires
Les côtes italiennes attirent chaque été des millions de touristes. Derrière les paillettes, c’est une machine qui a besoin de bras. Laura, directrice d’un hôtel sur la côte amalfitaine, embauche chaque année une vingtaine de saisonniers : « Je cherche surtout des femmes de chambre et des serveurs. L’ambiance est bonne, mais c’est un travail physique et les horaires sont chargés en haute saison. »
Fatima, arrivée de Casablanca il y a deux ans, a trouvé son équilibre : « Je travaille sur la Riviera l’été et je redescends dans le Sud l’hiver. Avec les pourboires, j’arrive à mettre 500 euros de côté chaque mois. »
Profil type recherché
Conditions de base :
- Âge : 18-50 ans (certains secteurs jusqu’à 55 ans)
- Santé : Certificat médical obligatoire
- Casier judiciaire : Vierge (bulletin n°3 français ou équivalent)
- Contrat préalable : Obligatoire avant toute démarche
Atouts qui font la différence :
- Expérience dans le secteur visé (2 ans minimum)
- Notions d’italien (même basiques)
- Formation professionnelle reconnue
- Références d’employeurs précédents
Le parcours du combattant administratif

L’employeur, votre meilleur allié
Tout commence par une évidence souvent négligée : sans employeur motivé, rien n’est possible. « Beaucoup de candidats pensent qu’il suffit de se présenter au consulat avec leur CV », observe Maria Conti, avocate spécialisée en droit de l’immigration à Naples. « En réalité, c’est l’employeur italien qui fait 90% du travail administratif. »
Giuseppe, restaurateur à Florence, a appris à ses dépens : « La première fois que j’ai voulu recruter un cuisinier tunisien, j’ai sous-estimé la complexité. Entre les papiers à fournir, les délais à respecter et le fameux Click Day, ça m’a pris six mois. » Aujourd’hui, il fait appel à un consultant spécialisé. « Ça me coûte 800 euros par dossier, mais au moins c’est sûr. »
Le Click Day, une loterie à 400 000 participants
Imaginez 400 000 personnes qui essaient simultanément d’entrer dans un magasin qui n’a que 150 000 places. C’est le Click Day italien, ce moment où s’ouvrent les demandes d’autorisation de travail. Chaque année, c’est la même folie.
Andrea, consultant en immigration à Milan, a développé sa méthode : « Je loue 15 connexions internet différentes. J’ai une équipe de cinq personnes devant leurs écrans dès 8h45. On se connecte tous simultanément à 9h pile. » Résultat : 85% de réussite contre 20% en moyenne.
Mais cette course folle laisse sur le carreau des milliers de candidats. « C’est injuste », reconnaît Marco, député de la région des Pouilles. « On a des entreprises qui ont besoin de main-d’œuvre, des candidats motivés, et tout se joue sur la rapidité de connexion internet. »

Les consulats, maillon critique de la chaîne
Une fois le Click Day passé avec succès, direction le consulat italien. Et là, les expériences varient énormément selon les pays et les consulats.
À Alger, Aicha fait la queue depuis 5h du matin pour un rendez-vous pris il y a deux mois. « Le consulat ne prend que 20 personnes par jour. Avec 300 dossiers en attente, vous calculez », soupire-t-elle. À Rabat, l’ambiance est plus détendue. Mohammed a eu son rendez-vous en trois semaines : « J’ai eu de la chance, ils venaient d’embaucher du personnel supplémentaire. »
Ces disparités créent des inégalités de traitement que dénonce Rachid, président d’une association franco-italienne : « Un Marocain de Rabat aura son visa en un mois, un Algérien d’Alger attendra trois mois. Même dossier, même employeur, délais différents. »
Instruction du dossier (Mai-Juillet 2025)
Si l’employeur a décroché une place, commence l’instruction du dossier de nulla osta.
- Solvabilité réelle de l’employeur
- Cohérence du poste proposé
- Respect du salaire minimum légal
- Conditions de logement proposées
Taux d’acceptation 2024 : 78% (en hausse)
Visa de travail en Italie, demande de visa au consulat (Août-Octobre 2025)
Durée : 15-45 jours selon les consulats Acteur : Le candidat
Une fois le nulla osta obtenu, le candidat peut demander son visa de travail en Italie auprès du consulat de son pays.
Documents à fournir :
- Passeport valide (6 mois minimum)
- Nulla osta original
- Contrat de travail signé
- Certificat médical (validité 3 mois)
- Assurance maladie (30 000€ minimum)
- Photos d’identité récentes
- Preuve de moyens financiers (500€ minimum)
Frais consulaires : 116€ + frais de service (variable selon pays)
Arrivée et régularisation en Italie
Durée : 8 jours maximum après l’arrivée Acteur : Le travailleur
- Déclaration de présence : Dans les 8 jours (commissariat)
- Permesso di soggiorno : Demande immédiate (Questura)
- Code fiscal : Bureau des impôts (gratuitement)
- Compte bancaire : Avec code fiscal + contrat de travail
Documents nécessaires : Checklist complète
Documents personnels
- Passeport : Validité 18 mois minimum
- Acte de naissance : Traduit et légalisé
- Certificat de célibat/mariage : Si applicable
- Diplômes : Traduits et légalisés (même pour emplois non qualifiés)
Documents professionnels
- CV détaillé : En français et italien si possible
- Certificats de travail : Tous les emplois des 5 dernières années
- Attestations de formation : Secteur visé
- Permis de conduire : International pour certains postes
Documents médicaux et judiciaires
- Certificat médical : Établi par médecin agréé (consulat)
- Examens complémentaires : Radio pulmonaire, analyses sang
- Casier judiciaire : Bulletin n°3 + équivalent du pays d’origine
- Certificat de non-condamnation : Parfois exigé en plus
Documents financiers
- Relevés bancaires : 3 derniers mois
- Attestation de ressources : Famille, épargne, revenus
- Assurance voyage : 30 000€ minimum, valable en Europe
Budget total à prévoir : 800-1500€ (traductions, légalisations, voyage, frais divers)
La réalité du terrain racontée par ceux qui l’ont vécue
Ahmed, entre désillusions et réussites
Ahmed avait 32 ans quand il a quitté son travail de carreleur à Tunis pour tenter l’aventure italienne. « Mon beau-frère travaillait dans une entreprise de BTP près de Rome. Il m’a dit : ‘Viens, ils cherchent des maçons.' » Six mois plus tard, Ahmed débarque à Fiumicino avec ses outils et 800 euros en poche.
« Les premiers mois ont été durs », se souvient-il. « Le logement qu’on m’avait promis était un container aménagé avec trois autres ouvriers. L’hiver, on se gelait. » Mais Ahmed serre les dents. Au bout d’un an, son patron lui propose un vrai appartement et une augmentation. « Aujourd’hui, je gagne 1 600 euros nets. Ma femme m’a rejoint et on attend notre premier enfant italien. »
Son conseil ? « Ne jamais accepter le premier logement qu’on vous propose. Et apprenez vite l’italien, ça change tout. »
Fatima, l’intelligence de l’adaptation
Fatima avait un master en comptabilité quand elle a décidé de tout plaquer à Casablanca pour devenir femme de chambre en Italie. « Ma famille n’a pas compris », avoue-t-elle. « Mais au Maroc, avec mon diplôme, je gagnais 4 000 dirhams. Ici, j’en gagne l’équivalent de 12 000. »
Son secret ? L’adaptabilité. « J’ai commencé femme de chambre dans un hôtel de la côte amalfitaine. Le soir, je prenais des cours d’italien en ligne. Au bout de six mois, je parlais suffisamment pour devenir réceptionniste. » Aujourd’hui, Fatima gère l’accueil d’un hôtel 4 étoiles. « Je gagne 1 800 euros nets et j’ai mes congés payés. L’été prochain, je ramène mes parents en vacances ici. »
Karim, la leçon de l’échec
Karim pensait que son expérience de cuisinier dans les palaces de Marrakech lui ouvrirait toutes les portes. Il s’est trompé. « J’ai envoyé mon dossier en retard, mon certificat médical était périmé. Refus sec du consulat. » Un an de perdu.
« La deuxième fois, j’ai tout fait dans les règles. J’ai même payé un consultant 500 euros pour vérifier mon dossier. » Cette fois, c’est le bon. Karim atterrit à Naples où l’attend un poste dans un restaurant du centre historique. « L’ambiance est géniale. Les collègues m’ont adopté, je mange les meilleures pizzas du monde tous les jours. » Son salaire ? 1 400 euros nets plus les pourboires qui peuvent doubler la somme certains soirs.
Youssef, l’importance de la communauté
À 29 ans, Youssef a échangé son travail de chauffeur de taxi à Tunis contre un poste de livreur à Turin. « Au début, c’était l’enfer. Je ne comprenais rien aux GPS italiens, je me perdais tout le temps. » Sa bouée de sauvetage ? La communauté tunisienne de Turin.
« Il y a une association qui aide les nouveaux arrivants. Ils m’ont expliqué comment faire ma demande de permesso di soggiorno, où trouver un médecin qui parle arabe, même comment négocier avec mon propriétaire. » Aujourd’hui, Youssef a son appartement, sa copine italienne et projette d’ouvrir son propre service de livraison. « L’Italie, c’est comme une grande famille. Dès qu’on fait partie du clan, tout devient plus facile. »

Les pièges qui coûtent cher
L’illusion du salaire annoncé
« 1 800 euros par mois, logé nourri. » L’annonce fait rêver sur les forums d’immigration. La réalité est souvent plus nuancée. Marco, syndicaliste à la CGIL de Rome, alerte : « Beaucoup d’employeurs annoncent le salaire brut, pas le net. Avec les cotisations sociales, comptez 20% de moins. »
Autre piège : le logement « gratuit ». « J’ai vu des ouvriers agricoles logés dans des baraquements sans chauffage pour 200 euros par mois déduits du salaire », témoigne Laura, assistante sociale à Raguse. « Légalement, c’est dans les clous. Humainement, c’est limite. »
Les faux employeurs
Sur internet, les offres d’emploi italiennes fleurissent. Toutes ne sont pas sérieuses. « J’ai failli me faire avoir », raconte Hassan, mécanicien casablancais. « Un soi-disant employeur de Milan me demandait 500 euros pour ‘accélérer les démarches’. J’ai eu des doutes, j’ai vérifié : l’entreprise n’existait pas. »
Francesco, commissaire de police spécialisé dans la lutte contre l’immigration clandestine, confirme : « On démantèle régulièrement des réseaux qui vendent de fausses promesses d’embauche. Les victimes perdent leurs économies et se retrouvent en situation irrégulière. »
La barrière linguistique sous-estimée
« Pasta, ciao, grazie », Mehdi pensait que ça suffirait pour démarrer. « Erreur monumentale », reconnaît-il aujourd’hui. « Pour les démarches administratives, impossible de s’en sortir sans un minimum d’italien. » Résultat : trois mois galères pour obtenir son permis de séjour, des factures impayées par incompréhension et un sentiment d’isolement.
« L’italien basique, c’est le minimum vital », insiste Anna, professeure dans une école de langues de Rome qui accueille beaucoup d’immigrés maghrébins. « Trois mois de cours avant le départ, ça change une vie. »
Les stratégies qui marchent vraiment
Choisir son employeur comme on choisit son épouse
« L’employeur, c’est votre parrain en Italie », résume Giuseppe, consultant en immigration à Naples. « Un bon employeur fait 80% du succès de votre intégration. » Mais comment distinguer les sérieux des autres ?
Première règle : méfiance envers les promesses trop belles. « Un salaire 50% au-dessus de la moyenne du secteur, c’est louche », prévient Maria, avocate à Milan. « Un bon employeur vous explique clairement vos droits, vos devoirs et vous met en contact avec d’anciens employés étrangers. »
Deuxième indice : l’expérience dans le recrutement international. « Je privilégie les entreprises qui ont déjà fait venir des étrangers », explique Rachid, qui a accompagné son frère dans ses démarches. « Elles connaissent les pièges, les délais et ont souvent des contacts dans les consulats. »
Anticiper pour ne pas subir
Le calendrier italien suit une logique implacable. « Qui s’y prend en dernière minute perd un an », martèle Andrea, consultant à Milan. La préparation commence dès janvier pour une arrivée en fin d’année.
« En février, je constitue mes dossiers. En mars, je prospècte les employeurs. En avril, on dépose ensemble la demande de nulla osta », détaille Farid, qui a réussi son installation à Rome en 2024. « Pendant que les autres se réveillent en été, moi je suis déjà sur le marché du travail. »
L’astuce de Farid ? « J’ai préparé trois dossiers avec trois employeurs différents. Si l’un échoue au Click Day, j’ai mes plans B et C. »
Investir dans l’accompagnement
500 euros chez un consultant ou six mois de galère ? Le calcul est vite fait pour beaucoup. « La première fois, j’ai voulu faire seul pour économiser », raconte Said, électricien de Rabat. « Résultat : refus du consulat pour un papier mal traduit. L’année suivante, j’ai payé un pro. Dossier accepté du premier coup. »
Ces consultants ne font pas de miracles, mais ils connaissent les subtilités. « Chaque consulat a ses petites habitudes », confie Lucia, consultante à Rome. « À Tunis, ils veulent les photos sur fond blanc. À Alger, fond bleu. À Rabat, ils acceptent les deux. Ce genre de détail peut faire capoter un dossier. »

FAQ : Toutes les questions pour un Visa de travail en Italie
Peut-on changer d’employeur une fois en Italie ?
Oui, mais avec conditions :
- Attendre la délivrance du permesso di soggiorno
- Nouvel employeur doit déclarer l’embauche
- Modification du permis de séjour nécessaire
- Délai de carence parfois exigé (3-6 mois)
Quels sont les délais moyens réels en 2025 ?
Du Click Day au de travail en Italie :
- Optimiste : 4-5 mois
- Réaliste : 6-8 mois
- Pessimiste : 10-12 mois (en cas de problèmes)
Peut-on faire venir sa famille ?
Conditions du regroupement familial :
- 1 an de résidence légale minimum
- Revenus suffisants (1,5x SMIC italien par personne)
- Logement adapté (14m² par personne)
- Permis de séjour long terme
Quelle différence entre visa saisonnier et permanent ?
Visa saisonnier :
- Durée : 6-9 mois maximum
- Secteurs : Agriculture, tourisme principalement
- Retour obligatoire dans pays d’origine
- Possibilité de reconduction
Visa permanent :
- Durée : 1-2 ans renouvelables
- Tous secteurs d’activité
- Évolution possible vers résidence permanente
- Regroupement familial autorisé
L’Italie reconnaît-elle les diplômes étrangers ?
Pour l’emploi : Pas obligatoire pour postes non-qualifiés Pour l’évolution : Équivalence via CIMEA recommandée Coût : 150-300€ selon diplôme Délai : 60-120 jours
La vie après le visa Italie : s’intégrer pour durer
Les premiers mois, période critique
Décrocher le visa n’est que la première étape. « Les trois premiers mois en Italie sont décisifs », observe Marco, responsable d’une association d’aide aux immigrés à Turin. « C’est là que se joue la réussite ou l’échec de l’intégration. »
- Premier défi : le logement. « Beaucoup arrivent avec l’adresse fournie par l’employeur et découvrent la réalité sur place », témoigne Hassan, arrivé de Tanger il y a deux ans. « Mon premier logement était un sous-sol humide partagé avec quatre autres. J’ai mis six mois à trouver mieux. »
- Deuxième urgence : la bureaucratie italienne. « Permis de séjour, code fiscal, compte bancaire, médecin de famille… La liste est longue », énumère Fatima. « Sans aide, on peut perdre des mois dans les méandres administratifs. »
L’italien, passeport pour l’intégration
« Celui qui ne parle pas italien reste étranger toute sa vie », assène Roberto, patron d’une entreprise de BTP qui emploie une vingtaine d’ouvriers maghrébins. « Mes meilleurs éléments sont ceux qui ont appris la langue rapidement. »
L’investissement en vaut la chandelle. « Après un an de cours du soir, j’ai pu négocier une promotion », raconte Youssef. « De livreur, je suis passé responsable d’équipe. 400 euros d’augmentation pour quelques heures de cours par semaine. »
Certaines régions proposent des cours gratuits. « La Lombardie finance des formations pour les travailleurs étrangers », explique Giulia, responsable formation dans une association milanaise. « C’est un investissement gagnant-gagnant : l’immigré progresse, l’entreprise a un employé plus autonome. »
Construire son réseau, clé de l’évolution
« En Italie plus qu’ailleurs, c’est le réseau qui fait la carrière », observe Ahmed, devenu chef d’équipe après trois ans de chantiers. « Mon patron m’a présenté à d’autres entrepreneurs. Aujourd’hui, j’ai des propositions d’embauche tous les mois. »
Les associations communautaires jouent un rôle crucial. « On s’entraide entre Maghrébins », explique Rachid, président de l’association tunisienne de Rome. « Logement, boulot, démarches administratives… Celui qui est installé aide le nouveau. »
Mais gare au repli communautaire. « Il faut un équilibre », prévient Samira, intégratrice sociale. « Garder ses racines tout en s’ouvrant à la société italienne. Les plus épanouis sont ceux qui ont réussi ce mélange. »
L’avenir se dessine déjà
2025, une année charnière
Les signaux sont au vert pour les candidats à l’immigration de travail. « L’Italie va avoir besoin de 280 000 travailleurs étrangers par an d’ici 2030 », anticipe Francesco, démographe à l’université de Rome. « Le vieillissement de la population et la croissance économique creusent un déficit de main-d’œuvre abyssal. »
Cette réalité pousse Rome à repenser sa politique migratoire. « On passe d’une logique d’exception à une logique de gestion planifiée », analyse Marina, chercheuse spécialisée en migrations. « Les quotas vont augmenter, les procédures se simplifier progressivement. »
Les secteurs d’avenir
Au-delà des secteurs traditionnels, de nouveaux besoins émergent. « Le care, l’aide aux personnes âgées, explose », constate Laura, directrice d’une agence de placement. « Avec 23% de la population de plus de 65 ans, l’Italie cherche désespérément des auxiliaires de vie. »
Le numérique aussi recrute. « On a des start-up italiennes qui cherchent des développeurs maghrébins formés en France », révèle Marco, chasseur de têtes à Milan. « Le multilinguisme et la formation technique française sont très appréciés. »
L’Italie possible pour qui sait s’y prendre
L’Italie 2025 ne sera ni l’eldorado fantasmé ni l’enfer bureaucratique redouté. Elle sera ce que vous en ferez, selon votre préparation, votre adaptabilité et votre persévérance. Ahmed l’a appris à ses dépens, Fatima l’a compris intuitivement, Karim l’a vécu douloureusement, Youssef l’a saisi grâce aux autres.
Tous vous le diront, l’aventure italienne est possible, mais elle exige du temps, de l’argent et surtout une préparation minutieuse. Ceux qui s’imaginent partir sur un coup de tête avec 500 euros en poche reviendront bredouilles. Ceux qui anticipent, s’informent et s’entourent ont toutes leurs chances de réussir.
Car derrière les chiffres et les procédures se cache une réalité humaine, l’Italie a besoin de vous autant que vous avez besoin d’elle. À vous de transformer cette équation gagnant-gagnant en success story personnelle. L’aventure commence maintenant. L’Italie n’attend que vous, mais elle ne vous attendra pas.




