Hausse du SMIG en Algérie : qui va vraiment en bénéficier ?
Le président Tebboune a demandé une revalorisation du SMIG (SNMG) à travers un projet de loi. Cette mesure pourrait toucher largement les salariés, les retraités mais aussi les chômeurs. Analyse des effets potentiels.
Avec l’envolée des prix et la pression sur le pouvoir d’achat, l’Algérie relance le débat autour du Salaire national minimum garanti (SNMG). Le président Abdelmadjid Tebboune a donné instruction de préparer un projet d’augmentation, tandis que l’UGTA confirme que la revalorisation est sur l’agenda.
Selon certaines estimations – non encore officiellement confirmées, le SNMG pourrait monter jusqu’à 25 000 DA. Mais qui profitera vraiment ? Salariés du public, du privé, retraités ou chômeurs, l’impact sera-t-il réel ?
Pourquoi cette revalorisation du SNMG maintenant ?
Le président Tebboune a chargé le ministre des Finances de préparer une réforme du SMIG + de la prime de chômage.
L’UGTA (syndicat central) confirme que cette augmentation est sérieuse, son secrétaire général Amar Takdjout assure que le dossier SNMG est « dans l’agenda du président ».
L’objectif principal, retravailler le pouvoir d’achat face à la hausse des prix et donner un signal social fort, notamment à la classe ouvrière et aux plus fragiles.
Hausse du SMIG en Algérie : qui est concerné en premier ?
1. Salariés (secteur public et privé)
Tous les travailleurs rémunérés au niveau du SNMG actuel (20 000 DA selon plusieurs sources) sont concernés. Selon des économistes, une revalorisation vers 25 000 DA pourrait être envisagée (mais ce chiffre reste une estimation, non encore confirmé officiellement).
Une hausse du minimum légal oblige les employeurs déclarés à la CNAS à s’aligner sur le nouveau seuil, sous peine de sanctions. Potentiel allégement fiscal, si le SNMG révisé reste sous certains plafonds, il pourrait rester partiellement exonéré d’IRG (impôt sur le revenu des salariés), ce qui renforcerait l’impact sur le net à toucher
2. Retraités
Les retraités percevant des pensions minimales pourraient bénéficier indirectement : une revalorisation du SNMG pourrait entraîner une politique parallèle de revalorisation des pensions de base, comme par le passé.
L’UGTA appelle explicitement à ce que la revalorisation salariale s’accompagne d’un relèvement des pensions.
3. Chômeurs
Le président a également demandé une révision de la prime de chômage. Si le minimum garanti augmente, cela peut légitimer une revalorisation parallèle de l’allocation chômage, affectant directement les chômeurs vulnérables (surtout ceux à faible formation ou sans revenu).

- Les salaires moyens 2021 (global, public, privé, pétrole, banque, construction, immobilier)
- Les hausses prévues pour le secteur public (47% en 2023-2024 et 53% en 2026-2027)
- Les projections pour 2027
- L’indicateur de risque inflation selon le rythme des hausses et le contexte économique
Enjeux économiques et risques
Coût pour l’État et les entreprises
Une hausse du SNMG augmente automatiquement la masse salariale : cela représente un coût plus lourd pour les entreprises de petite taille ou sous-strcuturées.
Le gouvernement doit aussi prévoir l’impact budgétaire, si l’IRG change, les recettes fiscales pourraient diminuer à court terme.
Inflation possible ?
Certains économistes craignent que l’augmentation salariale soit suivie par une hausse des prix, si la production n’augmente pas suffisamment.
L’UGTA rappelle qu’une revalorisation des salaires ne suffit pas, il faut aussi maîtriser les prix et revoir certains leviers fiscaux pour que le gain net ne soit pas absorbé par l’inflation.
Application et respect de la loi
Il sera crucial que les entreprises respectent le nouveau seuil, sans contrôle effectif, certaines pourraient contourner la hausse ou ne pas la déclarer correctement. L’inspection du travail et les instances syndicales auront un rôle clé pour veiller au respect du SNMG révisé.
Ce que dit l’histoire du SNMG
Le SNMG en Algérie a connu plusieurs revalorisations, par exemple, il est passé de 18 000 à 20 000 DA en 2020 Les syndicats voient cette nouvelle révision comme une réponse aux défis actuels, relever le SNMG pour qu’il soit à nouveau un véritable plancher social, dans un contexte où les conditions de vie se durcissent.
La décision de revaloriser le SNMG (SMIG) en Algérie s’inscrit dans une stratégie sociale claire, soutenir le pouvoir d’achat des travailleurs, des retraités et des chômeurs, tout en renforçant le rôle de l’État dans la redistribution.
Si le seuil monte effectivement à 25 000 DA, comme évoqué par certains experts, cela représenterait un saut significatif. Mais la réussite de cette réforme dépendra de l’application stricte, du respect légal par les employeurs et d’un pilotage économique fin pour éviter les effets inflationnistes.
L’UGTA et le gouvernement devront collaborer étroitement pour que cette promesse se traduise en gains concrets pour la population.




